LES ECHOS > Routiers : les eurodéputés de l'Ouest marquent un point 05/07/18

PRESSE I Article des Echos suite au rejet en plénière des rapports sur le volet social du paquet mobilité mercredi 4 juillet 2018

Un partout, balle au centre. Dans l'intense match en cours à Bruxelles sur la réforme du transport routier en Europe, proposée en mai 2017 par la Commission européenne, les partisans d'une ligne « sociale » ont marqué mercredi un point important au Parlement européen face aux tenants d'une ligne plus « libérale ».

A une assez large majorité, les eurodéputés réunis en plénière à Strasbourg ont ainsi rejeté les rapports adoptés un mois plus tôt en commission Transport sur les trois sujets clefs de la réforme : l'application ou non du détachement aux routiers sillonnant l'Europe, les conditions de cabotage et celles de repos. C'est un soulagement pour la France, très active sur ce dossier, et les huit autres pays européens, tous de l'Ouest, réunis dans l'Alliance du routier et vent debout contre les rapports adoptés en commission.

L'Europe coupée en deux

Largement dictés par les positions des pays de l'Est, qui veulent continuer à s'ouvrir les marchés de l'Ouest, ces rapports défendaient une approche très souple qui aurait « renforcé le dumping social contre lequel il faut au contraire lutter », dénonçaient, depuis, de nombreux eurodéputés, français en particulier. Ils prévoyaient notamment d'autoriser sept jours de cabotage (le fait d'effectuer une opération nationale dans un pays après y avoir déchargé son transport international) et d'assouplir les modalités de calcul des temps de repos et de conduite, au risque, selon l'eurodéputée écologiste Karima Delli, d'« allonger le temps de conduite avec des conséquences désastreuses pour la sécurité » routière.

Ce vote en plénière renvoie le dossier à la case départ, avec un retour attendu à la rentrée en commission Transport, pour de nouveaux mois de recherche de compromis. « C'est une victoire pour les forces progressistes européennes et un message clair pour la reprise des travaux en commission parlementaire : nous n'accepterons pas de revoir à la baisse les conditions de travail des chauffeurs routiers et nous n'accepterons pas qu'ils soient les parents pauvres du pilier européen des droits sociaux », commente l'eurodéputée socialiste Christine Revault d'Allonnes-Bonnefoy.

« Emmanuel Macron a abandonné le transport routier français en l'excluant de l'accord sur la révision de la directive sur le détachement des travailleurs. À nous maintenant de corriger le tir et de protéger nos entreprises et nos chauffeurs ! », insistent, eux aussi, les eurodéputés français du PPE (droite), comme Franck Proust et Geoffroy Didier. Ils espèrent aussi beaucoup du changement de présidence tournante du Conseil. La Bulgarie, accusée de ne pas avoir joué dans ce dossier son rôle de médiatrice, a cédé lundi son fauteuil à l'Autriche, membre de l'Alliance du routier.

Derek Perrotte

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