Les députés européens vent debout contre Ryanair 06/10/17

PRESSE I Papier de l'humanité suite au débat sur les annulations de vols de Ryanair du 3 octobre

La Parlement européen dénonce les atteintes inadmissibles aux droits des passagers et aux droits des travailleurs pratiquées par la compagnie aérienne irlandaise qui vient d’annuler des dizaines de milliers de vols.
Nouvelle zone de turbulence pour Ryanair. Elle vient cette fois – ce n’est pas la première - des députés européens qui mardi soir, en séance plénière à Strasbourg, ont été unanimes à dénoncer les pratiques jugées « scandaleuses » de la Compagnie low cost irlandaise.
Ryanair, qui a fondé son succès sur ses « vols pas chers » ( c’est sa pub ), aurait-elle oublié de préciser qu’à ce prix là, on n’est pas certains de décoller ?
En tous cas, entre septembre et octobre, ce ne sont pas moins de 300 000 passagers qui en ont fait les frais, suite à l’annulation de 2 000 vols. Et on est loin d’avoir touché le fond, puisque la compagnie aérienne vient d’annoncer qu’entre novembre 2017 et mars 2018, ce sont 18 000 vols qui seraient annulés ! Pour quelles raisons ? Problèmes de planning, Ryanair manque de pilotes…
 
« On ne peut pas accepter une seule des excuses avancées, » explique le député allemand Dieter-Lebrecht Koch ( PPE ) qui a étudié le dossier, tandis que la députée socialiste espagnole Inès Ayala Sender dénonce « l’ingénierie commerciale perverse » de Ryanair, » « le côté sombre du fonctionnement des low cost, » dit la socialiste Karoline Graswander, qui parle de « comportements de vautours. »
« C’est une nouvelle provocation de la compagnie low cost, pour eux les passagers sont une variable d’ajustement » s’insurge la députée Verte Karima Delli ( Verts-ALE ), qui exige qu’on prenne d’urgence « des sanctions à l’encontre de ces compagnies voyous. »
 
Au delà des torts causés aux passagers, le scandale Ryanair met à nu la dérégulation du trafic aérien mondial, « conséquence du dumping pratiqué sur les prix par les compagnies low cost », explique Inès Ayala Sender, un dumping fondé également sur « la mise en concurrence des aéroports les uns contre les autres », comme l’analyse le député Vert suédois Jacop Dalunde ( Verts-ALE ,) alors que des « contributions financières plus ou moins masquées – donc de l’argent public- sont fournies par certains pays à Ryanair, » ajoute Daniela Aiuto, députée italienne du Mouvement 5 étoiles.
De nombreux députés  soulignent également comment les bas prix pratiqués par Ryanair ( qui est la compagnie qui transporte le plus de passagers en Europe ), sont dus au « dumping social » pratiqué par la compagnie qui utilise « des personnels qui n’ont pas de contrats, pas de droits sociaux, et sont obligés de s’inscrire comme indépendants s’ils veulent travailler, » explique Elzbieta Lukacijewewska, (PPE), qui ajoute : « les victimes, ce sont le personnel et les clients. Il faut punir ce comportement, sinon on perd toute crédibilité en Europe. »
 
Cette colère contre le « scandale Ryanair », n’a pas pris fin quand la représentante de la Commission européenne, Violeta Bulc, a annoncé que le traitement des plaintes des passagers par la compagnie était en cours et bien avancé ( « à 98% pour les annulations de septembre et octobre, et à 95% pour le plainte de novembre à mars », selon Ryanair.) C’est après le scandale que la compagnie - contre laquelle la Belgique vient de lancer une procédure judiciaire - a pensé à dédommager les passagers, et après « des informations trompeuses et une dissimulation persistante aux passagers de leurs droits. »
 
Jusqu’où peut aller une compagnie aérienne dans la recherche du profit, ont demandé plusieurs députés, comme si on était en train de préparer le script de la Saison 3 de « Y-a-t-il un pilote dans l’avion ? »
Pour 20 000 vols sur Ryanair, la réponse est « non. »

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