LA CROIX " La question du jour" 11/02/18

PRESSE I Papier paru dans la Croix le 11 février 2018 sur le changement d'heure

Les députés européens ont demandé à la Commission européenne de « lancer une évaluation complète » du système actuel de changement d'heure et, si nécessaire, de « présenter une proposition pour le réviser ». Plusieurs pays du Nord – Lituanie, Finlande, Pologne et Suède – réclament l'abandon de ce système, alors que de nombreuses études font état d'effets négatifs sur la santé des décalages d'une heure intervenant les derniers week-ends de mars et d'octobre.

Il faut d'abord rappeler le contexte historique dans lequel ce système du changement d'heure a été instauré. En France, après le choc pétrolier de 1973, le gouvernement sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing a décidé d'ajuster les activités au temps effectif d'ensoleillement pour réduire la consommation d'énergie.

Presque tous les pays européens ont fini par adopter ce modèle à la fin des années 1970, avec l'espoir de réduire considérablement leur facture énergétique. Il est vrai qu'il y a eu, depuis, des économies d'énergie réelles, mais elles ont été marginales par rapport à celles que l'on espérait.

Une évaluation réalisée en 2007 par le service de recherche du Parlement européen a indiqué que les économies réelles varient entre 0,5 % pour certains pays et 2,5 % pour les meilleurs d'entre eux. Du nord au sud de l'Europe, les chiffres restent minimes. On peut donc dire que l'impact de ce système en termes énergétiques n'est pas considérable.

Un rapport de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), publié en 2009, a estimé que le gain en matière d'électricité avait été d'environ 440GWh, ce qui représente la consommation d'environ 800000 ménages pour cette année-là. Selon des estimations actualisées, le gain ne s'élève qu'à 350GWh, c'est-à-dire 0,7 % de la consommation totale. Il s'agit de chiffres assez dérisoires si l'on pense qu'ils s'appliquent à l'échelle d'une population de 500 millions d'Européens.

En outre, cette baisse est en partie la conséquence de l'amélioration des performances des outils énergétiques, que ce soit le progrès technique en matière de systèmes d'éclairage ou l'utilisation accrue d'ampoules à basse consommation. La diminution de notre impact énergétique n'est donc en aucun cas un argument valable pour défendre son maintien. Il s'agit d'un système désuet qui est en place depuis désormais quarante ans et dont les résultats sont bien en deçà de ceux que l'on attendait.

Il faut aussi souligner une conséquence plus méconnue du changement d'heure: le passage à l'heure d'été a eu un impact direct sur la sécurité routière. Il y a en effet un lien évident entre manque de sommeil et nombre d'accidents sur les routes. Selon les chiffres communiqués par la Sécurité routière, les jours qui suivent le changement d'heure chaque année enregistrent une augmentation du nombre d'accidents de la route qui peut aller jusqu'à 40 %. Ces accidents concernent avant tout les populations les plus vulnérables: les cyclistes et les piétons.

https://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/economies-denergie-ete-marginales-2018-02-11-1200912902

 

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